Alain Devalpo : bio et credo


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Colombie, couleur café

Parfum suave du café grillé, rythmes colorés de musiques tropicales, ici, la vie coule et l’eau passe à travers les paysages veinés de fleuves nonchalants.

Pointe sud, c’est l’Amazone, à l’est, l’Orenoque qui charient les précieux espoirs des chercheurs d’émeraude et les traditions encore vivaces des peuples indigènes.

À la quête d’Eldorado, la Caraïbe a ouvert ses portes aux conquistadores en tout genre.Aujourd’hui, dans le lit des rivières du pays où les climats, les paysages et les hommes s’entrechoquent, on rêve que le temps se jette dans l’océan... pacifique.

L’avion semble hésiter un moment. Sous le hublot droit, mer bleu ciel caraïbe. Sous l’aile gauche, terre jaune désert et vert bananier. Puis il se pose sur le tarmac de Carthagène des Indes. Dans un pays qui trimballe une sacrée réputation. Aux portes de la dernière aventure qu’il nous reste : défendre une cause perdue.

Carthagène et la côte Caraïbe

Carthagène l’Héroïque est ouverte sur l’horizon. D’où surgissent dangers et bonnes nouvelles, les vents qui prennent source en Europe et en Afrique
qui façonnent les milles et un détails de ce pays.

Medellin et la région du café

Ce soir, le temps s’étire comme un bandonéon. Du passé, surgit la plainte d’un port à la dérive. Carlos Gardel chante ses larmes. L’air marin qu’il avait apporté de Buenos Aires est resté prisonnier des montagnes d’Antioquia.

Le 24 juin 1935, elles n’ont pas voulu qu’il quitte leurs ailes. Son vent s’est arrêté ici et - un, deux, trois pas en avant - depuis lors Medellin - un, deux, trois pas en arrière – honore le roi du tango.

Sur un air d’aguardiente, un couple danse pour toujours. La nuit traîne. Elle n’a que ça à faire. Gancho !

Cali et la côte Pacifique

La colombienne, ce n’est pas de la poudre aux yeux ; son signe, c’est volcan et le soleil lui saute d’un œil à l’autre.

À l’heure du déluge quotidien, la pluie la dévêt du brin de décence dont elle s’affuble ; libérant l’avalanche de sa poitrine oxygénée, une vague de fessiers et un sourire équateur.

Le clair de lune levé, elle habille sa peau sucrée pour aller cultiver le novio au feu de la danse.

Et le voyageur comprend pourquoi les tropiques ont inventé la rumba ; il suffit d’observer cette sardina, cueillant dès aujourd’hui les choses de la vie.

Bogota

Il y a une ville comme une demoiselle, en pyjama de nuages, à son balcon
de Cordillères.

Il y a une demoiselle, comme une ville, étendue dans la savane, 2 600 mètres plus proche des étoiles.

Los Llanos

Dans ces territoires sans tendresse, même les légendes ne font pas dans la finesse.

Alors qu’une violente pluie prend fin, Gilbert et Samuel me racontent celle de la boule de feu. Elle apparaît dans le morichal, au crépuscule, et passe de palmiers en palmiers. C’est comme la lueur d’une lanterne qui grossit, tel un soleil, au fur et à mesure qu’elle s’approche. En son centre, une jolie prisonnière crie. Elle a paraît-il tué son enfant qui s’appelait Juan. Maudite sept fois par sa mère, la jolie prisonnière doit tuer sept autres Juan pour retrouver sa liberté. Pour lui échapper, surtout pas de compassion. Au contraire, il faut l’insulter pour la faire fuir : « Malparida. Hija de la Gran Puta ... »

Mais est-ce bien une légende ? Gilbert et Samuel m’assurent l’avoir vu de leurs propres yeux.

Le site des Editions ASA.