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A la frontière thaïlandaise, un pays clandestin

Ex prisonniers politiques, journalistes, étudiants, médecins, enseignants, petites mains ouvrières ou paysannes, au total, plus trois millions de personnes de nationalité birmane vivent aux marges de la légalité sur le sol thaïlandais. La porte d’entrée de cet univers est la ville de Mae Sot qui fait face à sa consoeur birmane Myawaddy, sur les rives de la mince frontière liquide dessinée par la rivière Moei. Un reportage publié dans La Chronique d’Amnesty.

7h00. Mae Sot s’anime à l’heure où les bonzes drapés de leur toge orange rentrent de leur quête matinale. Les uniformes repassés, écoliers et écolières, prennent le chemin des pupitres. À quelques pas du poste de police, ce sont des ouvrières qui embauchent. Au terminal, c’est déjà la ronde des bus, tandis qu’au marché les étals se garnissent de filets de crapauds vivant et de montagnes de piments rouge sang. Un détail ; la plupart des visages sont badigeonnés d’une crème jaune ou blanche. C’est du thanaka, une protection contre le soleil utilisée par les Birmans. Leur vie quotidienne en Thaïlande reflète à la fois leurs détresses et la résistance d’une population face à un régime inflexible.

Chaque histoire est un roman. Aung Pyae Phyo est médecin. Voilà plusieurs années qu’il vit en Thaïlande où il met ses connaissances au service du SMRU, un institut de recherche sur la malaria qui a ouvert plusieurs cliniques sur les rives de la rivière Moei. L’une d’elle est située à une vingtaine de kilomètres au nord de Mae Sot. Le bâtiment est neuf, aéré. Les patients viennent d’en face. Il suffit de traverser en barque puis de grimper la rive boueuse pour se retrouver à portée de soins. Tous sont Karens, une des huit ethnies principales de Birmanie. L’état karen, en rébellion contre le régime birman depuis 60 ans, est la cible de la junte, mais c’est surtout la pénurie en infrastructures de cette région frontalière qui poussent ceux qui brûlent de fièvre à venir en Thaïlande. Comble du sort, c’est un médecin birman qui les accueille.

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Campagne de vaccination d’enfants birmans

Le flux de malades semble intarissable, comme à la Mae Tao Clinic , à l’entrée de Mae Sot, un établissement fondé en 1989 par le docteur Cynthia Maung, après qu’elle ait du s’exiler suite à la révolte des étudiants de 1988. La Mae Tao Clinic accueille la bagatelle de 100 000 personnes par an. « On voit de plus en plus de maladies contagieuses comme la pneumonie ou des diarrhées aiguës qui se développent en Birmanie. L’accès à l’eau potable et les conditions de vie y sont déplorables. Certains viennent de très loin à l’intérieur du pays », explique la fondatrice entre deux rendez-vous.

Pour lire la suite, télécharger l’article publié par La Chronique d’Amnesty.

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L’article publié dans La Chronique

Le site d’Amnesty France.